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E. Fromm en vidéos

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22.3.10

L'expérience de Milgram et le « jeu de la mort »


Le jeu de la mort le 17 mars 2010 sur la chaîne publique française de télévision France 2 a repris le principe de l'expérience conduite par Stanley Milgram à l'Université de Yale entre 1960 et 1963.
Le psychologue américain cherchait alors à évaluer le degré d'obéissance à l'autorité des sujets participants.
Dans un commentaire sur l'expérience qu'il avait menée, Milgram s'étonnait que seulement 35% des sujets aient refusé d'obéir à l'ordre d'envoyer une décharge électrique qu'ils croyaient forte voire mortelle à un faux « cobaye » qui les suppliait d'arrêter. Mais que 65% soient devenus des assassins.
Erich Fromm a critiqué ce commentaire, estimant pour sa part que « le plus étonnant ce n'est pas que 65% des sujets obéissent mais que 35% refusent de le faire. En effet, disent-ils, il est difficile de refuser d'obéir à Dieu lorsque l'on est croyant.
Donc il est difficile, aux Etats-Unis dans les années soixante, de refuser d'obéir à un expérimentateur scientifique, opérant dans un laboratoire universitaire renommé, expérimentateur qui est considéré comme étant le nouveau grand-prêtre de la nouvelle religion qu'est la Science 
».
Le point clé évoqué ici est le fait qu'il s'agit de savoir si les gens sont prêts à désobéir ou non à un autorité qu'ils estiment eux-mêmes légitime.
Si on applique la même critique à l'expérience de France 2 du « jeu de la mort », cinquante an plus tard, l'autorité qui donne les ordres n'est plus le scientifique avec ou sans blouse blanche. La « scène du crime » n'est plus une prestigieuse université. Mais un plateau de télévision. Le bourreau qui donne les ordres est un animateur de jeu télévisé, renforcé par les spectateurs présents au tournage.
On aurait tort de conclure que l'ordre barbare d'appuyer sur la manette qui lance la décharge électrique n'est plus une « autorité  légitime », comme à Yale dans les années 60. Mais la légitimité s'est assise dans d'autres temples, servie par d'autres prêtres. La religion moderne n'est plus la Science mais les Médias. Et, dans ce contexte, le chiffre étonnant est toujours, comme le remarquait hier Erich Fromm, le nombre de ceux qui ont refusé d'obéir.

1.3.10

La conception de l'humain selon Eric FROMM

Les lecteurs prendront connaissance avec intérêt d'une note très synthétique sur « la conception de l'humain selon Erich Fromm » publiée récemment sur le site Dazibaoueb par Christian Delarue, responsable national d'ATTAC et du MRAP.



La conception de l'humain selon Eric FROMM
 

I – Problématique philosophique générale : La critique frommienne des insuffisances de la philosophie classique :
Est-il possible de parler d'essence humaine, de nature humaine? La question se pose sérieusement car pour E Fromm, la conception classique de l'homme pose un dilemme :
  • soit l'homme est une substance . Alors soit l'homme porte le mal en lui , soit inversement il est "homme de bien", mais il ne peut évoluer.

  • soit l'homme est en perpétuel devenir mais il n'a plus de définition.

  • E Fromm propose de sortir du dilemme par une conception dialectique et matérialiste particulière.




II – La conception d'E. Fromm pour sortir du dilemme : une conception dialectique et matérialiste particulière de l'humain.
Difficile de résumer plus que dans ces trois points :
1 - Sa définition de l'humain : il est doublement contradictoire !
Ce dernier vit en permanence dans une contradiction qui prend racine dans les conditions de l'existence humaine .La contradiction est inhérente à l'espèce humaine.
- L'homme est :
  • à la fois animal et intelligent
  • à la fois dans la nature et transcendant celle-ci.

- L'homme est donc souvent en proie à un conflit .
2 - Choisir la solution positive :
Ce n'est pas tout de dire que l'homme est dans le conflit, il convient d'indiquer une solution:
- la solution régressive consiste à rejeter sa part humaine, sa conscience
- la solution progressiste vise à développer son humanité.
L'homme doit donc lutter contre les tendances régressives.
3 – Cette lutte est théorique et pratique, individuelle et collective.
C'est dans l'Art d'aimer que Fromm explique la double nature – théorie et pratique - de ce combat humain. Outre la théorie il explique surtout qu'il s'agit d'un art, et donc d'une discipline.
Puisque toute personne, ou presque, est susceptible de régresser dans un état archaïque (*) - même si les plus entraînés " chutent " moins souvent - tout humain, constamment, et quasiment à chaque étape de sa vie, doit faire des choix de développement humain.
Christian DELARUE
  • p 173 de " Le cœur de l'homme