Tous les membres du collectif, responsables, intervenants, contribuent
à élever la psychanalyse en un espace spéculatif, telle une recherche
fondamentale. On n’y apprend ni des systèmes, ni des cultes, on y
reçoit un éveil de la pensée dépassant les limites de la psychanalyse
pure pour se tourner vers l’ethnologie à l’exemple de Frazer ou de
Malinowski et dans ce pluralisme se dégagent des idées non-dirigistes,
des non-certitudes en quelque sorte.
Jamais cette recherche ne prendra matrice dans une quelconque
corporation, guilde, défendant ses droits et privilèges plutôt que la
pertinence de ses doutes. Cet enseignement ne se développera pas à
l’encontre d’autres écoles. Telle serait la seule façon de renouer
avec la pensée freudienne. Renouer avec ces passeurs ne consiste pas à
enseigner la psychanalyse, ni même à prétendre à réinventer la
psychanalyse, mais à penser, réfléchir, à un élément même irrationnel
au collectif, quitte à déconstruire pour ensuite mieux rebâtir, ce qui
est vrai pour un est différent pour l’autre.
Bien sûr, c’est l’étude des textes qui sera la pierre angulaire du
“Comment savoir poser un problème” et à lui donner une solution
argumentée, raisonnée, en évitant toutefois d’être trop conceptuelle.
Que proposera-t-on à ces enseignants ? Avant tout une méthode car cet
enseignement n’est pas une entreprise de formation où le collectif
accouchera d’apprentis sorciers.
Le professeur de psychanalyse commencera la lecture d’une œuvre
freudienne. Mais renouer avec l’héritage freudien ne reviendra pas à
se prendre soi-même pour cette figure originaire de la pensée
psychanalytique, mais à devenir ce passeur d’idées consistant à
comprendre et à faire comprendre leur traversée à ce siècle tumultueux.
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